Ces claquements ferrés
sabots de la pendule
Le temps trottine

 

Juste un doigt de soleil
sur les lèvres encore closes
des volets

 

Solitaire
entre soleil et terre
seul et surtout se taire

 

Assis au rebord de la terre
Le vent et l'eau
Si près du jour

 

Chahut de feuilles
et autres ailes
au bois

 

A l'entour du banc de pierre
la pupille d'ombre se rétracte
Il est midi

 

Crissants criquets
La terre sèche sous le pas
grimace

 

Cigales
tisons sifflants
Le vent sec

 

Même l'ombre du noyer
paraît avoir fondu
comme neige au soleil

 

Mon chien dans jardin
maudit son étoile infidèle
Canicule

 

Mouche noire et moi
nous disputons le frais
Méridienne

 

 

Mots d'une vie lente

1989

 

Retour vers le somm@ire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Blême
le soleil blessé
de la splendeur des feuilles

 

Pas plus de jours à ma vie
que de feuilles à mon arbre
Et ce vent qui les dissipe

 

En embuscade à l'échalier
trois corneilles
Trois points noirs en suspension

 

Un vent de feuilles
rouges
déride le jardin délaissé

 

Majesté de brocards
demain ne sera plus
que pénitence de bure

 

Labours
De la terre à mon front
les rides se propagent

 

Sur la neige
sauras-tu déchiffrer
le sautillement cunéiforme

 

Humilité des nus
brouillard
aux larges plis

 

 

 

 

Illustrations: Michel Jarlaud

 

Retour vers le somm@ire